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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 23:13

J'ai bien reflechi trois secondes avant de trouver un titre à ce billet qui sera forcément court (il est tard).

J'avais pensé à "En sucette" ou "freestyle" ou "foireuse" mais finalement celle qui changeait de vie, c'est mieux, ça ne donne pas une impression négative.

Je vais le faire en style télégraphique car franchement, je n'ai pas la force de faire mieux (et pourtant, je me plainds déjà).

Bref, ces derniers mois en quelques dates clefs:

- le 6/06: j'apprends avec un jour d'avance sur le planning que je suis GUERIE. c'est officiel, plus de cancer pour moi, plus d'examen non plus. Libre.

- Le 06/06 toujours; un concours de circonstance fait que je parle avec Julien, un ancien collègue, au téléphone

- Le 06/06 encore lui: je ne fête pas la nouvelle avec Olivier, je vais à Solvay.

- Le 7/06: le premier jour du reste de ma vie et la seule chose à laquelle je pense c'est que j'ai envie qu'on m'embrasse. Mais un vrai baiser, un qui fait frissonner, qui donne envie d'un deuxième et de ne plus s'arrêter. O. embrasse comme un poulpe mort et la perspective de passer les 40 prochaines années sans un bon baiser, ça ne va pas. mais vraiment pas. Je ne suis pas sortie des flammes de l'enfer pour mener une petite vie pepère.

- LE 7/06: j'écris un email malhonnête à Julien où (bien qu'il vive à Londres, qu'il soit plus jeune que moi, que je sois en couple et maman d'une jeune créature) je lui propose de m'embrasser. Ni plus ni moins, le deal propose un baiser voir deux. Il accepte (je n'avais pas vraiment prévu cette éventualité là, mais je me sens comme une jeune dinde gloussante ou plutot comme une femme amoureuse) et je sens que ça va être gai et terrifiant. Ma conscience me ronge. Déjà.

- Le 18/06: je pars à Londres pour suivre un cours mais surtout pour voir Julien que je n'ai pas vu depuis 3 ans et un bébé (enfin pour moi). Quelque part sur Ladbroke street, il m'embrasse et ça me secoue la pulpe, ma vieille pulpe rance. J'en suis retournée comme une crèpe. Je me sens vivante et heureuse et complète et même pas coupable, j'ai juste l'impression de faire ce qui est bien pour moi. Je reste 3 jours à Londres, je ne dors pas beaucoup (mais toujours toute seule au prix d'une volonté que je ne me connaissais pas. Je ne dépasse pas le stade du baiser mais il apparait clairement que cette histoire n'en restera pas là. Avec lui, je me sens "moi" et ça me fait un bien fou.

- Je 21/06: je rentre à Braine. OScar m'a manqué, Olivier pas. Je me sens mal en sa présence.

-LE 30/06: Julien est de passage en Belgique. Je comprends qu'il me sera impossible de ne pas vivre cette histoire. Et je constate également que je ne suis pas de la race des femmes infidèles, je ne peux pas combiner, c'est l'un ou l'autre mais pas les deux. Ce sera Julien (mon cerveau crie "oui, mais oscar?")

- Le 03/07: J'annonce à Olivier que je le quitte. Il dira 5 phrases dont aucune ne vise à me faire changer d'avis et finira la soirée dans un bar pour rentrer ivre mort et s'endormir sur le canapé.

- Le 06/07: Julien est toujours en Belgique et je suis moins sage, même pas sage du tout d'ailleurs.

- Le 19/07: Je découvre que je suis enceinte (de Julien au cas ou quelqu'un aurait un doute)

- Le 19/07: je l'annonce à Julien de passage à Bruxelles: Il dit "bonjour" je dis "je suis enceinte" je me sens comme cette petite souris face à l'ours (Célestine?). Même pas une seconde après l'annonce, il sourit, ouvre les bras, me serre contre lui et a l'air ravi. Ce type est dingue/merveilleux

- fin juillet et debut aout: Je vis toujours avec Olivier. Il nie l'affaire, fait comme si je n'avais rien dit. Je supporte tellement mal la situation que je dépéris. Je perds du poids c'est positif, je me vide de mon envie de vivre ce qui l'est moins. J'ai l'impression que mon âme se déchire.

- quelque part début aout: j'annonce la nouvelle du bébé (surnommé le cassis) à mes parents: réaction de ma mère: c'est triste. Je perds quelques points de vie supplémentaire. LA culpabilité me ronge. On commence à se renseigner auprès des avocats pour la garde d'Oscar. je meurs un peu plus chaque jour.

- Le 15/08: je loue une maison à Lasne

- Le 22/08: Julien et moi emménageons à Lasne.

- Le 25/08: Oscar dort chez son papa et mes sanglots semblent ne pas avoir de fin. C'est inhumain. Je ne peux pas vivre sans lui. C'est comme la vie sur terre sans soleil, une hérésie, une ineptie, une impossibilité, c'est contre-nature. Julien a beaucoup de mal à me voir dans cet état, j'ai beaucoup de mal tout court.

- Le 27/08: olivier et moi, commençons une médiation pour trouver un accord au sujet de la garde d'Oscar. J"ai furieusement envie de mourir. C'est affreux, odieux, inhumain. Il me fait avoir recours à tout ce que j'ai de volonté pour passer par-là. Je le fais en de disant que je dois trouver un accord pour que jamais Oscar ne doive se dire 'Oh non, mes parents seront présents..."

- Le 4/09: ma nouvelle boss m'annonce qu'elle a décidé de mettre fin à mon contrat plus tôt que prévu.

- Le 09/09: première échographie: le cassis va bien, il est très rémuant et il y a 80% de chance pour que ce soit une fille.

Conclusion: de positif (une vraie histoire d'amour, un nouveau bébé, un nouveau départ, une guérison et la sensation que je prends enfin le controle de ma vie) du négatif (des nausées, de la culpabilité, une histoire qui commence sur les ruines fumantes d'une autre et franchement ça n'aide pas, Oscar qui me manque tellement plus que ce que j'avais imaginé dans mes pires cauchemards, mon boulot perdu, mes parents que je ne sens pas avec moi pour la première fois de ma vie, la sensation d'être seule (même auprès de mes copines, je dois me justifier) faire du mal à Olivier qui bien que n'étant pas un homme parfait ne mérite cependant pas ce que je lui fais, une situation financière désastreuse (je paie deux loyers pour l'instant)...

Je suis tellement secouée que je ne sais plus comment on met un pied devant l'autre. C'est sans doute pour cela que j'ai eu le besoin d'écrire. Je voudrais me rouler en boule et attendre que l'orage passe. Je suis rarement lâche mais là, c'est trop, juste trop (et dire que je ne peux même pas noyer mon chagrin dans l'alcool).

Bref, je l'avais dit, je suis celle qui change de vie. Fingers crossed, for the best...

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Published by sophie
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